Discrimination entre les genres au Maroc

ONU Femmes

Médiatiquement, la femme connait un essor incomparable dans presque tous les domaines. Au Maroc, on retrouve des femmes chefs de parti ( Mme MOUNIB Nabila .. ), à la tête de grands centres commerciaux ( Mme Salwa IDRISSI AKHANNOUCH .. ), au sommet de l’entreprenariat ( Mme Meryem BENSALEH CHAQROUN ) … Et toujours médiatiquement parlant, je ne pouvais espérer de plus : la femme a envahi ces domaines qu’on ne croyait , jadis, réservés qu’aux hommes. Autant qu’humaniste, (version plus tolérable par les hommes que féministe), j’étais satisfaite, jusqu’à ce que les chiffres et statistiques me renvoient sur Terre.

En effet, selon l’indice international de l’écart du genre, le taux de participation féminine à l’activité économique a baissé de 5% : de 30% en 1995 à 25% en 2012. Une baisse malgré tous les projets de loi, les textes de loi, les appels à la féminisation de l’Etat, les conventions internationales signées … Une baisse qui confirme encore une fois le manque de synchronisme entre le temps juridique et sociologique au Maroc. Effectivement, la société ne change pas par décret : en plus de l’accumulation de lois et engagements, un travail doit être fait sur terrain afin de concrétiser ces signatures. Un travail qui doit se concentrer sur l’éradication des préjugés sexistes, des habitudes ancrées dans la population en rapport avec la société patriarcale, qui doit d’abord, expliquer ce qu’est une discrimination à l’égard des femmes. L’ONU l’a définie comme étant «  toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe et qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les femmes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel, et civil ou dans tout autre domaine. » CEDEF. Cette définition date de 1979, mais elle est toujours valable de nos jours, avec une nouvelle sémiologie, en effet, on ne parle plus de discrimination entre les sexes mais plutôt entre les genres : le mot sexe se limite aux caractéristiques biologiques et physiques, tandis que genre s’étend aux rôles déterminés socialement, aux comportements et activités de l’homme et la femme. Revenons sur la participation féminine à l’activité économique, en plus du pourcentage choquant cité dessus, s’ajoutent d’autres statistiques qui ne font que refléter la galère dans laquelle le Maroc est : seulement 18% des femmes urbaines travaillent contre 36% pour les femmes rurales. Ces dernières, malgré leur taux élevé (par rapport à leurs homologues citadines) vivent une situation à ne pas envier. En fait, 94% d’elles sont actives dans le secteur agricole, non rémunérées (sorte de travail forcé), et débutent leur « carrière » avant 15ans ce qui les prive de leur scolarité. Mais la femme rurale constitue un autre chapitre. Sur les 18% des femmes urbaines, 7/10 d’entre elles sont peu ou pas qualifiées, avec une réduction au niveau du salaire de 27% par rapport aux hommes, et un taux de chômage supérieur à celui des hommes de 15% (75% contre 60% selon les estimations du cahier des plans), mais le comble de la situation c’est que l’Etat ne considère pas ce chômage comme en étant un : selon le code de la famille, c’est l’homme qui doit subvenir aux besoins, et la femme peut contribuer.. Une littérature juridique qui ne fait qu’ancrer cette infériorité que ressent la femme devant l’homme. Cette infériorité se ressent même au niveau des occasions de travail, en effet, le fait d’être femme en est le premier obstacle, le statut matrimonial en est le second et enfin être mère, malheureusement, en est le majeur. La conciliation entre vie professionnelle et familiale n’est aucunement prise en charge par les politiques publiques, et le manque des garderies des enfants dans les structures publiques, privées ou à domicile en est la preuve. En plus des chances limitées, les femmes travaillent surtout dans des secteurs (textile et agro alimentation) exposés à la discrimination et la dévalorisation : faible protection des droits et absence de couverture par les systèmes obligatoires de sécurité sociale.S’ajoute à cela la faible présence des femmes aux postes de responsabilité, notamment au ministère de l’intérieur où sa représentativité ne dépasse pas les 8% !

Alors, le Maroc est un bel exemple pour certifier que l’existence de lois ne suffit pas à en garantir l’effectivité. Un travail de fond doit être réalisé, car, non seulement ces femmes seront vulnérables et plus sujettes à la violence, mais cette discrimination tend à reproduire et perpétuer les inégalités sociales à travers les générations.

Pour conclure, je voudrais m’adresser aux Media : certes, vous essayez de montrer ce que la femme est capable d’achever, de devenir et tout simplement ce que la femme est, mais ne négligez pas ces femmes dans les campagnes, les bidonvilles, et même dans les villes, elles sont nombreuses et vulnérables, elles ont besoin de faire entendre leurs voix et souffrances.

Arrêtez de faire croire aux gens que :  « العام زين » !

SAOUD IZEM Sarah

Références : 

CESEM Policy paper, mars 2013

Rapport du CES sur  » la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie sociale, économique, culturelle et politique » 2012

16 juillet : La rafle du Vélodrome d’Hiver

 

« Il faut raconter exactement comme c’est, sans faire de pathos, sans dramatiser. Je pense que la vérité est suffisamment lourde et dramatique comme ça, sans en rajouter. » Arlette Testyler, survivant de la rafle.

L’histoire se déroule durant la seconde guerre mondiale, alors que le régime nazi gagne de plus en plus du terrain, la France se divise en quatre dont deux grandes zones : la zone libre (plus tard nommée zone sud), la zone occupée (zone nord). La zone libre était sous l’autorité du gouvernement de Vichy dont le maréchal était Philipe Pétain, qui était le chef de l’état français (la France n’était à l’époque plus une république).

En Juillet 1942, le régime nazi organise l’opération «  vent printanier » qui était une rafle de grande échelle destinée à éradiquer les juifs de toute population européenne. Certes, plusieurs rafles étaient en vigueur avant juillet 1942, cependant elles ne concernaient que les hommes, celle-là était destinée aux hommes, femmes, enfants plus de seize ans, et plus tard, sous la demande de l’état Français et en plus particulier le ministre de Pétain : Pierre Laval, les enfants moins de seize ans. Celui-ci invoque une mesure « humanitaire » visant à ne pas séparer les familles.

PARIS - ANTISEMITISME

L’arrestation des juifs étaient une tâche facile pour la police française. En effet, un décret était sorti des mois auparavant ordonnant aux juifs de se déclarer auprès des préfectures, et les obligeant de coudre une étoile jaune où est mentionné juif, sur leur vêtement. Il était formellement interdit de l’enlever ou la cacher. Depuis, les juifs vivent une discrimination : des trottoirs et des parcs leurs étaient interdits et à leurs enfants, ils étaient licenciés de leurs travaux, leurs biens étaient séquestrés, ils devaient voyager dans le dernier wagon du train ou métro … Que des humiliations qui atteindront leur apogée lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver –familièrement nommée rafle du Vel’ d’Hiv’. Cette dernière était d’abord planifiée le 14 juillet, mais puisque ce jour coïncide avec  la fête nationale en France, sera ensuite reportée au 16 juillet.

16 JUILLET 1942 : la police française à la chasse des juifs

Dès le petit matin, les policiers s’étaient mobilisés pour arrêter tous les juifs, hommes, femmes et enfants. Munis d’une liste, ils frappaient aux portes des concernés, une fois entrés, ils fermaient les fenêtres, de peur que les gens ne tentent de se suicider, leur donnaient 15 minutes pour préparer leurs valises : des vêtements et de la nourriture pour 2 jours, et enfin les conduisaient au Vélodrome d’Hiver.

Le Vélodrome d’Hiver : ce stade où les spectateurs et le spectacle étaient les juifs. Ces derniers survivaient sur un strapontin qui leur servait de tout : ils y dormaient, mangeaient le peu de nourriture qu’ils avaient sur eux, faisaient leur toilette…, il n’y avait aucune hygiène, les enfants tombaient malade facilement : la scarlatine, la varicelle…, peu de médecins et d’infirmières étaient autorisés à accéder au Vel’ d’Hiv, en effet, on ne voulait pas garder de témoins sur cette catastrophe : ce n’est pas pour rien qu’on l’a appelée la Shoah, certaines s’avortaient en espoir de pouvoir sortir, d’autres se jetaient du haut du stade (ils trouvaient la mort plus clémente que cette prison), et ceux qui essaient de s’enfuir sont tués sur-le-champ.

Après cinq jours, ils seront acheminés vers la gare Austerlitz où ils seront entassés dans des wagons à bestiaux vers les camps de Beaune-la-Rolande, Drancy et Pithiviers. Ils seront ensuite logés dans des baraquements en bois, contenant des lits en paille. Ils avaient le droit à un repas par jour : un morceau de pain et une soupe aux haricots. Ils vivaient dans des conditions très précaires, mais avaient un espoir que tout cela finirait un jour, surtout que des rumeurs circulaient qu’on allait les déporter vers l’Est pour travailler dans des mines, des usines et des champs.

Enfin, vint le jour où ils pourront quitter ces camps, les hommes, les femmes et les enfants de plus de seize ans sont déportés en premier, après la mission « humanitaire » de Laval, les autres enfants ont rejoint leurs mamans. Mais ce n’était pas vers l’Est qu’ils se dirigeaient, Adolf Eichmann, tête de la RSHA et responsable de la logistique de la « solution finale », leur avait réservé un autre sort. En effet, ils étaient déportés à Auschwitz où ils mourront asphyxiés dans des chambres à gaz ! Des hommes, femmes et enfants de tout âge !

Cette opération vent printanier avait pour but non pas l’expulsion des juifs des pays européens occupés par l’Allemagne, mais leur extermination, c’était leur solution finale comme l’a appelée Adolf Eichmann.

Sur les 13000 raflés du Vel’ d’Hiv’, moins de 100 adultes survécurent. Et aucun des 4115 enfants n’est jamais revenu.

La France a attendu 53ans pour enfin reconnaitre son implication dans ce crime contre l’humanité, en effet, le 16 juillet 1995, Jacques Chirac, déclare officiellement « que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français ».

En réalisant ce billet, les larmes n’ont pas séparé mes yeux, il ne s’est pas passé une seconde sans que je ressente du dégout et de la méprise envers les responsables. Mais ensuite je me dis, si durant ce fameux 16 juillet 1942 j’étais en vie, qu’aurais-je fait ?! Rien ! Justement, après des années, les musulmans de Palestine subissent le même sort que celui des juifs, et l’ironie du sort, par des Israélites, enfin des responsables Israélites. Et qu’est-ce que je fais ?! Rien ! Je regarde, je ressens du dégoût et de la méprise, je pleure, parfois je change même de chaîne parce que je ne veux plus entendre parler de la torture et du sang. Quelle lâcheté !

SAOUD IZEM Sarah

Liens utiles :

Témoignage de Joseph Weismann -évadé du camp Beaune-la-Rolande

Les dernières lettres de Marie Jelen 

La rafle du vélodrome d’hiver ( 16 juillet 2012 ) 

Jacques Chirac, discours du Vel’ d’Hiv (16 juillet 1995)

Source des photos

8 Mars: Violence à l’égard des femmes

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« Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes »

C’est comme cela que les Nations Unies ont décidé de déclarer le thème de la journée internationale des femmes en 2013. Une façon Laviolencephysiqueetsexuelleenverslesfemmes_512d2bb754d24_w688originale, qui cache une soif profonde d’éradiquer cette  pandémie. En effet, «  D’après les estimations, jusqu’à sept femmes sur dix dans le monde sont battues, violées, brutalisées ou mutilées au cours de leur vie, et la plupart de ces actes violents sont commis dans les relations intimes. », rapporte UN Women

Avant de parler chiffres, il faut d’abord définir le terme « violence à l’égard des femmes ».  Ce dernier se manifeste comme étant « tout acte de violence contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. ». Il est également défini comme étant une violation flagrante des droits de l’Homme qui coûte très cher aussi bien aux individus qu’aux Etats.

Suite à une enquête menée par le Haut Commissariat au Plan en 2010-2011, et financée par UN Women, on a conclu que sur 9.5 millions de femmes âgées de 18 à 64 ans, près de 6 millions, soit 62.8% ont subi un acte de violence durant les douze mois précédant l’étude. Un pourcentage aussi choquant que celui-là nous incite à tirer la sonnette d’alarme, beaucoup plus dans le milieu urbain que rural. En effet, le risque qu’une citadine soit violentée est supérieur à celui d’une campagnarde de 12.7% pour la violence physique conjugale, de 35.4% pour la violence sexuelle et de 7.8% pour la violence psychologique. Ces pourcentages varient également en fonction de l’âge : en effet, une augmentation d’une année d’âge réduit de 1.9% le risque de violence physique, de 2.2% le risque de violence sexuelle et de 0.7% le risque de violence psychologique. Et enfin, le dernier paramètre auquel la violence doit être corrélée est la vulnérabilité socio-économique (notamment chômage, divorce…). Et comme la définition l’a bien souligné, la prévalence de la  violence est beaucoup plus élevée dans les relations intimes, dans un contexte familial, conjugal. Un contexte où la dénonciation du violeur, agresseur, (psychopathe ?!) devient de plus en plus difficile, parce qu’il s’agit d’un mari, un père de famille, ou une prétendue âme-sœur, un être avec lequel on était censé être en sécurité.

Plusieurs raisons de ce fléau ont été évoquées dans le paragraphe ci-dessus, en l’occurrence, la précarité, l’analphabétisme, le manque de conscience, et surtout l’inégalité entre sexes. En effet, ce genre de comportement est très répandu dans les sociétés patriarcales, où l’homme tend à dominer la vie de sa femme, sœur, fille … ou tout simplement celle de l’autre sexe. Cette dominance ne s’exprime pas que par des coups, mais également en la rendant financièrement dépendante de lui, en la privant de ses libertés individuelles (ceci peut sa manifester par le contrôle de ses sorties, sa tenue vestimentaire, le choix de ses amis…), en la faisant subir une violence psychologique (l’insultant, la dégradant, l’humiliant …). Il est primordial de mentionner que cette forme de violence est la plus répandue dans les ménages avec un taux de prévalence de 48%.

Cependant, malgré toutes ses informations, et toutes les études déjà faites, on ne peut pas dessiner un portrait d’une femme vulnérable à la violence. Il n’existe tout simplement pas de femme cliché. Et la vidéo ci-dessous en est la preuve.

Certes, ces statistiques sont alarmantes, mais reflètent-elles la réalité ?! Ne pourraient-elles pas être que la face apparente de l’iceberg ?! En effet, plusieurs femmes décident de subir toute sorte de violence en silence. Cependant, elles ne savent pas qu’en faisant cela, elles préparent les conditions favorables pour être de plus en plus violentées.

Alors mesdames/demoiselles, Parlez ! Parlez-en à votre famille, vos amis, aux autorités, aux associations, sur les média… où que cela vous paraisse convenable, mais faites-le, dénoncez votre mari, votre patron, votre collègue, et sachez que vous n’êtes pas coupable, vous êtes la victime dans toute l’histoire.

Pour pouvoir sortir de la violence, il faut tout d’abord prendre conscience qu’on est abusées ladies.

Enfin, je ne trouverai pas une aussi belle conclusion que celle rédigée sur le site de l’ONU femmes : « Toute fille, toute femme, devrait pouvoir vivre en sécurité et à l’abri de la violence. La violence à l’égard des femmes ne doit jamais être acceptée, elle ne doit jamais être excusée, elle ne doit jamais être tolérée. »

A bon entendeur !

SAOUD IZEM Sarah

Principaux résultats de l’enquête nationale de la prévalence de la violence à l’égard des femmes, Janvier 2011 (version Française)

Excision : la blessure éternelle

L’excision ou comme le corps médical préfère appeler « mutilations sexuelles féminines » est définit selon l’OMS par des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. Cependant, la définition que je trouve la plus adéquate est celle du Docteur Pierre FOLDES* : «  un crime multiple fait de viol collectif, d’inceste, de mutilations et d’ignorance ».

Et comme vous pouvez le remarquer l’OMS a utilisé la locution « mutilations sexuelles féminines » au pluriel, et ce pour la diversité des méthodes dont cette coutume –dans certains pays, est pratiquée.

En effet, on distingue plusieurs formes de mutilations génitales qui vont de la clitoridectomie (ablation du clitoris), parfois accompagnée d’une excision de la petite lèvre, ou celle de la totalité des parties génitales externes avec couture et rétrécissement de l’orifice vaginal, qu’on appelle infibulation et qui est la forme la plus douloureuse (Il y’a également d’autres méthodes que je ne développerai pas dans ce billet).

Cette pratique remonte à 5000 années avant Jésus-Christ en Egypte, durant l’ère pharaonique. Elle s’est ensuite répandue dans les pays de l’Afrique de l’est et certains pays subsahariens (Soudan, Ethiopie, Kenya, Sénégal, Ghana, Nigeria, Benin..), l’Asie (Indonésie, Malaisie, Pakistan..). La plupart de ces pays ont recours à cette pratique suite à des raisons culturelles, traditionnelles, ou même religieuses.

En effet, certaines populations qui pratiquent l’excision le font sous un prétexte hygiénique, esthétique, ou même pour la préservation de la virginité, l’amélioration du plaisir masculin ou l’interdiction à la femme d’avoir accès à l’orgasme. D’autres le font sous prétexte religieux (la plupart est musulmane), sachant qu’aucun verset du Coran ou hadith du prophète SAW ne l’ordonne à ses croyants.

D’autres ont utilisé l’excision pour des raisons «médicales », cela a été le cas en Europe et notamment  en Angleterre. La clitoridectomie y a été initiée en XIXe siècle par le gynécologue obstétricien  Isaac BAKER BROWN qui, selon ses recherches, avait conclu que la plupart des maladies nerveuses prenaient leur source dans la masturbation. Il recommandait alors la clitoridectomie autant qu’intervention chirurgicale pour l’épilepsie ou l’hystérie. Mais cela lui causera la perte de sa carrière suite à son accusation de pratiquer ces interventions sans le consentement du mari ou du père.

Mais qu’en est-il du consentement de la personne elle-même ?! Certes, les exciseurs ne peuvent le leur demander puisqu’il ne s’agit, dans la plupart du temps que de jeunes fillettes entre 4 à 12 ans selon l’UNICEF. 4 à 12ans : l’âge des premiers souvenirs. Quelles retombées psychologiques a cette pratique sur les jeunes femmes qu’elles deviendront ?! Mal être et vie sexuelle perturbée se trouvent en tête de liste. En effet, deux conséquences souvent dûes à un sentiment de trahison par ses propres parents, de ne pas se sentir maître de son propre corps, de ne pas pouvoir éprouver un désir sexuel, de ne pas pouvoir se sentir complète…. Mais cela n’est pas tout, puisque l’excision a également des effets sur la santé des femmes et filles. Comme l’indique d’ailleurs le dernier rapport de la société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) publié en février 2012 et d’où je tire certaines conséquences physiques : douleur intense, choc, rétention urinaire, infections de l’appareil génital, des complications lors de l’accouchement, la mise en péril du nouveau-né….

J’aimerais conclure avec des mots durs mais qui relèvent de la réalité : qui sommes-nous pour décider de limiter la libido de la femme, pour décider si oui ou non elle doit avoir accès à l’orgasme, pourquoi devrait-elle être l’esclave du plaisir masculin ?! Un ami m’avait clairement dit : « je pense sérieusement qu’il faudra entamer l’action à l’échelle internationale, auprès des Nations Unies et des organismes des droits de l’enfant/Homme, et sensibiliser aussi les instances islamiques pour que l’occident ne tombe pas dans le piège de la confusion et des stéréotypes ».  Je rejoins ma voix à la sienne, et je dis qu’il est temps de criminaliser cette pratique dans les pays concernés. Et je trouve que quelque soit les prétextes que ces populations usent, la raison majeure est de garder la dominance sur la gent féminine.

*Pierre FOLDES est un chirurgien français, qui en collaboration avec l’urologue le docteur Jean-Antoine ROBEIN, invente une méthode chirurgicale permettant de réparer les dommages causés par l’excision.

SAOUD IZEM Sarah

Une violée au Maroc

Vous avez sûrement lu des articles sur l’affaire Amina*. Moi je vais vous raconter celle de Fatima Zohra. Une histoire que j’ai vue dans l’émission « بدون حرج » sur Medi1TV diffusée le lundi 2avril et qui ne m’a pas laissée indifférente. L’histoire de cette enfant violée dès l’âge de 5ans par un membre de la famille qui était censé la protéger, l’éduquer et veiller sur elle : son grand père. Cet être qui a perdu tout sens d’humanité l’a obligée à « faire l’amour » avec lui « superficiellement », cela a duré 9ans. A l’age de 14 ans, un employé à la ferme de son grand père décida d’approfondir cet  » amour » et la déviergea alors.  L’affaire au tribunal, c’est l’employeur qui est poursuivi, alors que le grand père est relâché : normal, le grand père n’avait couché avec sa petite fille que « superficiellement ». En entendant ce verdict, je me suis sentie indignée, et autant que fille, je ne me sens plus en sécurité, parce que je vis dans un pays qui ne me protège pas MOI, mais plutôt un bout de chair. Je me surprends. C’est comme-ci je m’attendais à mieux dans un pays où le sexe féminin obéit à la loi femme=corps. Pourquoi nous soucierons-nous alors de son esprit ?! Pourquoi le ferons-nous alors que la victime elle-même se fout de ce qu’elle ressent. En effet, sa seule préoccupation est de satisfaire la société. Et cela se manifeste par cette mentalité qui ne veut  point disparaitre qui est de marier la violée à son violeur : 2 signatures et HOP l’affaire est close.

De toute façon, personnellement, je ne blâme pas ces filles qui choisissent le mariage au lieu d’une vie digne, on ne leur a pas laissé le choix, on ne leur a pas donné d’alternatives. Je vous donne un exemple, si une violée tombe enceinte de son violeur, notre « fameux » système judiciaire décide que cet enfant ne portera pas le nom de son père –même avec un test ADN- et pour seule cause : il n’est pas né dans une institution de mariage. BON SANG, quelle autre solution laissez-vous à ces mères célibataires à part de sacrifier leur dignité, leur vie, leur joie pour se marier d’un sauvage afin de sauver l’honneur de leur enfant ?!

Je ne suis ni juriste, ni avocate pour traiter le contenu des lois qui ont fait couler tant d’encre (l’article 475 du code pénal et 20 du code de la famille). Mais je suis un être humain, une femme, et je peux sentir la douleur d’une femme qui partage son intimité avec son ravageur.

Je pense que le gros travail doit se faire au niveau des mentalités. C’est vrai que les lois nous apportent une garantie, mais elles ne sont guère suffisantes. Au Maroc par exemple si on interdit le mariage des mineures, on doit affronter le mariage sans papiers « LFATHA ». On doit trouver alors un compromis qui mette la femme en valeur, la protège contre la société, contre elle-même, qui protège l’enfant en cas de grossesse, sa dignité et son avenir, et qui punit IMPERATIVEMENT le violeur .

Pour clore ce billet, j’aimerais m’adresser aux femmes : Vous êtes des êtres humains, vous avez des sentiments, un avis, exprimez-les alors. Quand il s’agit de votre corps, soyez narcissiques et pensez à vous et non pas à la société. Quand il s’agit d’annoncer à votre entourage qu’on vous a violé, sachez que vous n’êtes pas coupables, vous êtes des victimes.

SAOUD IZEM Sarah

*Pour mieux comprendre l’affaire Amina, je vous ai sélectionné quelques articles parmi tant d’autres de plusieurs bloggeurs qui se sont solidarisés pour défendre les Amina du Maroc :

Jalil El Outmani – Rest In Peace Amina !

Ghali Bensouda – #RIPAmina Amina, 16 ans, “Suicidée” par la loi et les institutions ?

Oussama Chehbi –   باسم الأعراف و القانون اغتصبوا

Le 8 mars : qu’en est-il de la femme rurale ?!

On est le 8mars, et comme chaque année, l’ONU a réservé un thème particulier à cette journée mondiale de la femme, qui est : l’autonomisation de la femme rurale, et son rôle dans l’éradication de la faim et la pauvreté.

J’ai profité de la journée et du thème pour faire le point sur la situation de la femme rurale marocaine. Cet être qui s’impose fortement dans les statistiques mais pas assez dans les programmes gouvernementaux. Non pas parce qu’elle est considérée comme un élément facultatif dans la société, non, au contraire, son rôle s’est avéré beaucoup plus important que cela, et le thème choisi par l’ONU en est la preuve.

En effet, la femme rurale survit une situation à ne pas envier. En plus du fait qu’elle soit femme dans une société arabe, et toutes les traditions et les limites que cela implique, elle vit dans un monde où l’infrastructure de base est un luxe. Mais cela n’a jamais été un obstacle pour elle. Elle est même considérée beaucoup plus active que la femme citadine. En effet, en plus des tâches ménagères, elle assure d’autres activités reproductives pour lesquelles …

[…]

Statistiquement, la femme rurale représente plus du quart de la population marocaine, alors pensons combien elle nous serait utile si on mettait en exergue ses capacités.

SAOUD IZEM Sarah

Vous pouvez lire la version complète sur ExcepMag ou lire la version anglaise sur Morocco World news

Les petites bonnes !

Les filles, autrefois, à la naissance, étaient des êtres indésirables : elles étaient emprisonnées au sein de la maison, marginalisées, battues et même enterrées. Aujourd’hui, quand une fille naît, surtout dans les milieux défavorisés, c’est toute la famille qui le fête, voire même tout le village. Le père, qui, autrefois, ressentait de la honte en ayant une fille, se balade de nos jours, fier, la tête haute d’avoir pu donner naissance à une vache fertile. Et oui, dès ses premières échographies, son destin est déjà tracé : elle n’ira pas à l’école, sa mère lui apprendra les tâches ménagères, et une fois ses 8ans atteints, son père lui trouvera un travail chez une famille de classe moyenne ou aisée –qui pourrait se procurer une bonne adulte, mais se contente d’un petit enfant- afin d’assurer à toute sa famille son pain quotidien. La jeune fillette se trouvera alors dans une maison, où elle se sentira intrus, et se verra obligée de prendre en charge toute une famille en assurant plusieurs fonctions : la nounou et la poupée des petits enfants gâtés, la cuisinière, la « cleaner », l’épouse… Et vu qu’elle est toujours considérée comme ce petit mur que toute la famille peut franchir, on l’usera sexuellement et physiquement sans qu’elle puisse en parler. De ce fait, elle sera doublement abusée : tout d’abord par sa propre famille, qui voit en elle une source matérielle par excellence, et ensuite par la famille chez laquelle elle travaille qui voit en elle la misérable bonne conçue pour le sale boulot.

Mais en y repensant, je me demande, est-ce vraiment la pauvreté la vraie cause de ce fléau ?! Et si c’est le cas, pourquoi nos grand parents n’ont-ils pas obligé leurs filles à essuyer les déchets des autres ?! Pourtant ils n’étaient pas riches non plus ! En réponse à cette question ….

Pour lire la suite, rendez-vous sur : http://exeptionnelles.com/les-petites-bonnes/

SAOUD IZEM Sarah